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Urgences pénales

OUEST FRANCE – Coronavirus « Sans travail ni activité, les femmes en grande souffrance à la prison »

Par Angélique CLERET, le 26 mars 2020

Alors que les hommes détenus au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions de vie dans la prison, à l’heure du coronavirus et du confinement, Ouest-France a voulu savoir quelle était la situation à la prison des femmes de Rennes. Un avocat livre son témoignage.

Maxime Tessier, avocat pénal au barreau de Rennes, a été appelé jeudi 19 mars, au centre pénitentiaire pour femmes (1), situé dans le centre-ville de Rennes, à proximité immédiate de la gare SNCF. Une personne détenue avait enfreint le règlement intérieur de l’établissement pénitentiaire et avait demandé, pour son passage en commission de discipline, l’assistance de l’avocat commis d’office. À son arrivée, « du gel hydroalcoolique était mis à disposition, observe-t-il. Mais les détenues, elles, n’en ont pas. »

Discutant avec la femme, il a senti le poids de la souffrance occasionnée par la suspension des parloirs avec les familles et les proches. « Déjà que les femmes ont moins de visites que les hommes détenus, en général… Mais là, elles sont si seules… » Avec d’autres avocats, Maxime Tessier relève qu’il est dès lors indispensable que « les personnes détenues soient autorisées à passer des appels téléphoniques depuis la prison ». Les activités étant elles aussi supprimées en période de confinement, les ateliers de confection étant fermés, les journées sont longues pour ces femmes privées de liberté.

Pas de travail, pas d’école

« La fréquentation des salles communes est limitée, bien évidemment. Et les repas qui pouvaient se prendre à plusieurs, dans les cellules, ne sont plus autorisés. Il n’y a plus d’école. Et le culte ? Là, je ne sais pas… », complète l’avocat rennais.

S’agissant de la commission disciplinaire, il était alors bien embêté pour proposer une sanction. Habituellement, les jours de confinement et l’interdiction de participer à des activités culturelles ou de formation font partie des décisions qui peuvent être décidées par les directeurs d’établissement…

Plus largement, même en comprenant que « la priorité est la protection de tous et de chacun en particulier », Maxime Tessier, membre du Syndicat des avocats de France (SAF), promet de rester vigilant aux conditions de détention de la population carcérale.

(1) Le centre pénitentiaire comprend actuellement une maison d’arrêt et un centre de détention, auxquels s’ajoutent un quartier de semi-liberté et un quartier nurserie.